Pollution lumineuse

Pollution lumineuse
Cette notion évoque des aspects culturels : L'humanité a toujours vécu avec et sous les étoiles. Les étoiles et constellations étaient les repères nocturnes des bergers et des marins bien avant l'invention des sextants, et les astres ont guidé et guident encore les hommes sur terre, au travers des déserts et sur mer.

Depuis les années 1970, sans nier les apports de l'éclairage artificiel, on se demande quelles peuvent être les conséquences socio-psychologiques de la perte du contact de l'homme avec la nature, y compris avec l'environnement nocturne et la beauté du ciel profond, de la voie lactée auquelles une part croissante des populations contemporaines n'a plus accès... Jusqu'à l'ONU qui accorde au ciel étoilé une valeur particulière, comme patrimoine commun de l'humanité. Depuis peu, aux solutions techniques envisagées et localement testées s'ajoutent des enjeux d'économies d'électricité et d'émissions de gaz à effet de serre, ou de diminution de l'empreinte écologique.



La peur instinctive du noir, une augmentation considérable de l'offre en matériels d'éclairage et en électricité (abondante et moins chère la nuit) ainsi qu'une forte demande de sécurité de la part du public et des élus sont généralement citées comme principales causes de l'hyper éclairage urbain et périurbain, lequel a engendré divers gaspillages voire des utilisations peut-être abusives de la lumière.

Des éclairages inutiles ou inappropriés avec parfois des faisceaux de lumière projetés directement vers le ciel, l'utilisation d'ampoules inutilement puissantes ou de matériels désuèts (lampes à vapeur de mercure haute pression, luminaires en forme de boules, ballast très consommateurs d'énergie...) sont responsables d'une pollution lumineuse que les satellites mesurent (hausse de 5 à 10 % par an fin des années 90). Une quantité considérable de lumière est perdue vers le ciel, créant un halo lumineux de plus en plus important, qui voile les étoiles. A ce phénomène s'ajoutent les impacts des « canons à lumière » (souvent improprement nommés lasers), ou des lasers qui balaient le ciel au dessus des édifices. Les panneaux publicitaires, néons, les vitrines des magasins et l'éclairage dispersant de centaines de milliers d'édifices éclairés (monuments, châteaux, ponts, berges, églises, etc.) par de puissants spots qui restent souvent allumés toute la nuit.

Enfin, le faible coût de l'électricité, surtout dans les pays qui en produisent beaucoup a longtemps incité à la surconsommation électrique pour l'éclairage, dans un contexte où les lois protégeant l'environnement nocturne sont quasi-absentes ou peu respectées. Cependant, de nombreux pays disposent principalement de centrales thermiques ou seulement de celles-ci pour leur production électrique, l'augmentation inévitable des cours du pétrole devrait les inciter à réviser leurs pratiques d'éclairage public.

# Posted on Saturday, 09 December 2006 at 5:44 AM